Lundi 16 février 2009
1
16
/02
/Fév
/2009
22:39
Je me souviens de cette fameuse question qui m'a tant mise en désarroi, autant pour la profondeur du questionnement que pour la réponse qui veut tout dire et rien à la fois. C'est une question
que je me suis posée maintes et mainte fois et peut être même à ma meilleure amie. A vrai dire, je ne me souviens plus très bien. Je n'ai même pas pu réagir.
-"Anne... [Ma très chère Anne]... Qu'en est-il advenu de nous?
-... [...]."
J'ignore ce que je peux, aurais pu, pourrais mettre dans les crochets vides de mon amie. Je songe à "Je ne sais pas", ou bien à "Boh, on s'en fout", ou encore à son fameux "Oh! c'est bon!"
Vous ai-je déjà parlé de ma chère Anne? Je ne sais plus.
C'est une fille que j'ai rencontrée durant mes années de collège. Nous arrivions toutes les deux dans notre nouvelle école, en 6 ème précisément. Nous ne trainions pas encore ensemble les deux
premiers jours de la rentrée et pourtant, de fil en aiguille, on s'était trouvées pour ne plus se séparer jusqu'à notre année de seconde. On s'aimait bien. Nous avions des points et des hobbys
communs et notre ouverture d'esprit permettait à nos conversations de rester dynamiques et enjouées. A toutes les récréations nous discutions de manga, du Japon, d'internet, de nos découvertes
sur la toile et aussi des camarades et des professeurs. On s'entraidait mutuellement quand on avait un contrôle ou un devoir non fait pour le jour même. Alors rapidement, nous sommes devenues des
meilleures amies et on parlait de notre famille, de nos problèmes, de nos envies et de nos futurs encore loin.
Hélas, les amies de collège ne semblent qu'être éphémère. Anne et moi avons commencé à se perdre de vue à partir de la troisième. Elle était dans une classe et moi dans l'autre. Et c'est aussi cette année que j'ai commencé à aimer un homme qui m'a apprise à vivre. Mais Anne ne semblait pas comprendre, comme elle le disait: "J'men fous de l'amour, moi!". Il me reste encore cette "conversation" en tête qui a profondément
marqué ma mémoire:
-"Ah, je n'arrête pas de penser à lui! [Celui que j'ai aimé]
-Mais on s'en fout!
-Mais POURQUOI n'essayes-tu pas de me comprendre!!? [Hein, dis le moi.]
-...[...]"
J'ignore ce que je peux, aurais pu, pourrais mettre dans les crochets vides de mon amie. Je songe à "Je ne sais pas", ou bien à "Boh, on s'en fout", ou encore à son fameux "Oh! c'est bon!"
La réponse est sans appelle. Nous avons signé notre divorce depuis longtemps et sans s'en être rendu compte, on ne s'aimait plus.
L'année suivante (donc l'année dernière si je me place à aujourd'hui) fut le vrai coup décisif dans notre relation. Le monde, mon monde s'est scindé en deux: moi et les autres. Parmi les autres
il y avait Anne et une autre fille, femme, adolescente qui est apparue. De un an mon ainé, elle a pris progressivement ma place. Alors Anne m'a
oubliée comme on oublie une vieille connaissance dans son carnet d'adresse vieux de plusieurs années.
Cette fille qui m'a remplacée est quelqu'un que je juge "bien", si seulement la passion qu'avait Anne pour elle était réciproque! Si seulement elle était réciproque, je me serai totalement
détachée d'Anne! C'est pourquoi, comme une mère veille sur sa fille, je suis restée auprès de mon amour perdue.
J'ai finalement abandonné Anne le jour où elle a cessé de me soutenir et de me défendre contre les autres qui me persécutaient. Oui, encore une
fois, le monde était scindé en deux: moi et les autres. Les autres se trouvaient en face de moi. Et dans les autres il y avait Anne.
Malheureusement.
Enfin, j'ai compris que toutes mes "amies" n'étaient que des connaissances. Connaissances qui ne valaient pas d'être connues davantage, donc j'ai dit "Adieu".
Au final dans les couloirs:
-"...[Bonjour Anne.]
-...[...]"
J'ignore ce que je peux, aurais pu, pourrais mettre dans les crochets vides de mon amie. Je songe à "Je ne sais pas", ou bien à "Boh, on s'en fout", ou encore à son fameux "Oh! c'est bon!"...
Je pense tout simplement qu'elle aurait feint de me voir. qu'elle m'aurait fait la bise ou demandé directement s'il y avait des devoirs à faire
en allemand.
J'adresse ce message à Anne M., ma soeur, mon soutien, mon amie qui m'a pourtant quittée.
Tu t'es bien moquée de moi, hein. Fi! Tu es méprisable!