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Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /Juin /2009 23:20

Il m’est rare d’écrire des articles concernant l’amour, et surtout l’érotisme (écrire des articles tout court c’est rare aussi, je confirme). Et pourtant, cela fait deux semaines que je sens cette excitation charnelle monter jusqu’à ma tête de façon insolite. Je me sens obligée de vous raconter cela.

 

Tout d’abord, je tiens à préciser que je n’ai aucune vie sexuelle que ce soit solitaire ou en vie commune. Bref, rien à dire. Il est donc surprenant de sentir un désir de « baiser » durant deux semaines de suite, j’accuse mes hormones en effervescence déployées durant l’ovulation.

Soit. Mais le plus surprenant dans tout cela, c’est que cette montée de tentation a répondu à l’appel de quelque chose : un piano… et un chœur. Pour ma part (et sans doute aussi des musiciens de la musique classique), la musique classique m’exalte. J’ai une préférence pour les opéras passionnés, romantisme, baroque frénétique… Bref, tout ce qui « pète ». J’aime beaucoup les chants liés à la passion des sentiments (En ce moment je suis sur Carmen de Bizet), des rythmes rapides et pourtant distincts, des musiques lentes mais langoureuses… tant que cette musique m’emporte loin d’ici et me fait voir d’autres cieux, je suis prenante.

 

On ne peut pas le nier, la musique classique, c’est magnifique. Tout le monde en a besoin puisque cette forme de musique touche tout le monde. Voyez, dans les films (qu’ils soient américains, européens, etc.) on n’use pas du rap pour marquer les grandes scènes. (On pense aux Dents de la mer avec les violons qui grincent). Dans les séries américaines, les producteurs auront tendances à utiliser des musiques à la mode, en vogue ou assez populaires. Etant donné que ces séries sont le plus souvent regardées par des jeunes, il est intéressant de les faire écouter une tube en plein essor financier et très prisé par les radios !

Ca me rappelle un documentaire sur la malnutrition en Afrique ; la production eût la maladresse de passer une chanson des Choristes (« Vois sur ton chemin ») remixée en rap ! Le public d’ado qui regardait le film a éclaté de rire au moment où il ne fallait pas. Ce documentaire a juste perdu tout son sérieux. J’insiste donc sur l’importance de la musique classique dans la société et la psychologie.

 

 

 

J’ai ressentis ce choc électrique un soir, quand j’étais dans ma choral confirmée pour chanter une valse de Brahms. Suite à un laborieux travail de déchiffrage à 50 personnes, notre chef de chœur décide enfin de faire le filage final. La concentration était de rigueur, tout le monde était debout, le piano commençait seul. Deux temps après, le minuscule chœur d’homme rentre en chantant, triomphant, et ce durant une dizaines de mesures avec le piano.

 

Non loin du piano et suivant la partition des hommes d’un œil, j’ouvre mes oreilles pour me laisser bercer par la mélodie. Soudain, mon cœur s’accélère, mes poumons manquent d’oxygène, mes mains deviennent moites et je ferme ma rétine. Pendant a peine quelques secondes, j’ai été dans un état second où mes sens m’ont tous tirée au-delà du monde des mortels. Je frémissais. L’ivresse de la musique classique et la fatigue m’avaient rendue à fleur de peau. Mon excitation acclamée par mon cœur  diminuait rapidement pour ne laisser qu’un questionnement sur moi-même. Quelques mesures plus tard, l’effet fut le même. C’était tout simplement la partir d’accompagnateur qui me donnait le vertige. Une simple suite d’accords formant une gamme descendante. A chaque fois que je l’entendais, je voyais mon cœur accompagner dangereusement cette descente pour finalement être rattrapé de justesse. Un vertige immense suivi d’un grand soulagement.

Cette folie, ces émotions similaires aux passions amoureuses me rendaient euphorique et terriblement excitée. On pouvait presque parler d’une jouissance intellectuelle, bien qu’elle ne soit pas menée à son comble. Vint alors un mécanisme de l’imagination qui se mit en place malgré moi. Mon esprit à la proie des désirs charnels n’essaya pas d’éviter les fantasmes de galoper dans ma conscience. Une seule et unique pensée apparut à mon grand plaisir. C’était simple. Pour faire passer de pareilles sensations, il faut un piano. Au piano, il faut un pianiste ou un accompagnateur. A ce moment-là, il y avait un accompagnateur qui avait réussi à unir la partition et mon état de fatigue grâce à ses performances au piano. Grâce à ses « doigts agiles ».

Par Takumi - Publié dans : Journal
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